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Rappels sur les doses maximales autorisées de PPP

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En ce début de saison, il est utile de rappeler quelques principes de base pour appliquer un PPP en respectant correctement ses conditions d'utilisation. Pour rappel, ces conditions d'applications (doses, nombre d'applications, délais, ...) sont établies sur base de tout une série de critères et de résultats d'évaluations des risques.

L'objectif est donc de ne pas dépasser les doses maximales autorisées, ce qui pourrait mener à des risques inacceptables pour la santé humaine, la santé animale et l'environnement (dépassements des limites maximales en résidus, phytotoxicité, exposition pour l'applicateur, contamination de l'environnement...).

La "dose par traitement" qui est indiquée sur Phytoweb/l'étiquette d'un PPP est la plus petite dose qui garantit la meilleure efficacité dans la plupart des situations. Elle ne peut en aucun cas être dépassée. C'est donc la dose maximale de produit qui peut être appliquée pour un usage.

Elle peut être réduite, sous la responsabilité de l'utilisateur. La diminution de la dose appliquée (par exemple lors de pulvérisations menées par l'intelligence artificielle) n'autorise jamais l'augmentation du nombre maximal d'applications, ni la réduction du (des) délai(s) d'attente. Le fait de localiser un traitement sur une plus petite surface ne permet pas non plus d'augmenter la dose par unité de surface.

Avoir plusieurs cibles autorisées pour un même produit ne permet pas non plus d'augmenter le nombre de doses ni le nombre d'applications. Cette information est d'ailleurs visible sous "le nombre maximum d'applications" pour chacune des cultures autorisées.

Exemple :

→ Ce produit peut être appliqué jusqu'à 2 fois au total en culture de pois, que ce soit contre les pucerons, les thrips ou les deux, et chaque application a lieu à une dose de 6 L/ha maximum.


Pour certains PPP, une "dose maximale de substance active par hectare" peut être imposée. Cette information est utile à l'échelle de la rotation et doit toujours être respectée.

Exemple 1 : Produit à base de 720 g/l de diméthénamide-P :

→ Si on applique 1 fois ce produit à la dose maximale autorisée de 1,4 L/ha sur cette culture (soit 1 kg de DMTA-P/ha), on ne pourra plus l'utiliser sur la culture suivante, s'il y a moins de 12 mois qui sépare la dernière application.

Exemple 2 : Produit à base de 383,83 g/kg hydroxyde de cuivre, soit 250 g/kg d'équivalent cuivre :

→ On peut appliquer ce produit jusqu'à 10 fois maximum sur la culture, avant ou après la fructification. Chaque dose pourra osciller entre 1 et 2 kg de produit à l'hectare (respectivement 0,25 kg de cuivre/ha à 0,5 kg de cuivre/ha par application). La dose cumulée de cuivre qui est appliquée sur cette culture ne pourra pas dépasser 2,5 kg de cuivre/ha/12 mois. Si on choisit d'appliquer des doses de 1 kg de produit à l'hectare, on pourra l'appliquer jusqu'à 10 fois sur la culture (= 1 kg PPP/ha X 0,25 kg cuivre/ha X 10 applications = 2,5 kg cuivre/ha/12 mois). Si on choisit d'appliquer des doses de 2 kg de produit à l'hectare, on pourra l'appliquer jusqu'à 5 fois seulement sur la culture (= 2 kg PPP/ha X 0,25 kg cuivre/ha X 5 applications = 2,5 kg cuivre/ha/12 mois).

Voir également notre article sur les modifications d'usages et de doses des produits à base de cuivre ici.


De manière générale, il n'est pas permis d'utiliser "en série" plusieurs produits similaires contenant la même substance active sur une même culture. En effet, l'évaluation des risques (toxicologiques, environnementaux...) qui a lieu pour faire autoriser un produit sur le marché belge, suppose qu'un seul produit commercial est utilisé sur la culture. Cumuler l'application de produits similaires à base d'une même substance active (même avec une concentration en matière active différente) impliquerait un usage dont les risques n'ont pas été évalués. Cette pratique n'est donc pas autorisée.

Cela est aussi valable, même si une dose supérieure de substance active est autorisée sur une période de temps (12 mois, 24 mois, 36 mois) (dans le champ "remarques").

Exemple : Produit à base de 360 g/l de glyphosate :

→ Ce produit doit être appliqué en 1 seule application en interculture, qui peut aller jusqu'à une dose de 4 L/ha maximum (en traitement localisé), soit 1,44 kg de glyphosate/ha. Il n'est pas possible d'appliquer d'autres produits à base de glyphosate dans ce type de culture, car une seule application est autorisée ("nombre maximum d'applications" de 1 application par 12 mois), et ce, même si on est bien en deçà des 3,6 kg glyphosate/ha/12 mois. Toutefois, un produit à base de glyphosate pourrait être appliqué sur une autre culture de la rotation, moyennant de ne pas dépasser les 3,6 kg glyphosate/ha/12 mois appliqués au total sur 12 mois.

Cette information est reprise dans la section "La bonne pratique" du site de référence Phytoweb.

Voir également notre article sur les interprétations d'usage des produits à base de glyphosate ici.


Comme expliqué plus haut, réduire la dose maximale autorisée ne permet pas d'augmenter le nombre d'applications, si cela n'est pas indiqué sur Phytoweb/l'étiquette du produit.

Toutefois, pour certains produits, le fractionnement en plus petites doses est possible, si cela est clairement indiqué sur Phytoweb, et "pour autant que la dose totale appliquée ne dépasse pas la dose maximale autorisée de produit pour cet usage" (culture x cible).

Exemple : Produit à base de 190 g/l d'éthofumésate :

→ La "dose maximale autorisée pour cet usage" est 2,5 L/ha. Ce produit peut donc être appliqué en 1 seule application, jusqu'à 2,5 L/ha ; ou en plusieurs petites doses/fractions, du moment qu'on ne dépasse pas la dose cumulée de 2,5 L/ha sur cette culture (soit 0,475 kg éthofumésate/ha). Le nombre de fractions est libre. De plus, à l'échelle de la rotation, il faudra être attentif à ne pas dépasser la dose maximale autorisée de substance active d'ici les 36 prochains mois.


Les autorisations des produits sont revues suite aux nouvelles connaissances scientifiques et/ou suite aux nouvelles exigences réglementaires (ré-évaluation des risques des susbtances actives et des produits).

Outre les retraits que cela peut impliquer, les conditions d'application (doses, nombre d'applications, techniques anti-dérive, largeur de zone tampon, délais avant récolte...) peuvent donc être modifiées. Parfois, ce sont des cultures qui sont retirées de l'autorisation.

Dans de nombreux cas, ces modifications sont directement applicables et doivent être respectées par l'utilisateur de PPP, même si les étiquettes n'ont pas encore été modifiées. Nous vous invitons donc toujours à revérifier les conditions légales d'application sur le site national officiel www.phytoweb.be.